L'e-sport pour les nuls

 

Genève, le 9 novembre 2018

 

Je m’adresse ici principalement aux novices ou à l’entourage de gamer, qui ont sûrement entendu ce terme sans savoir ce qui se cache derrière. Levons le voile sur ce mystère de suite : il s’agit d’Electronic sport, soit de compétitions de jeux vidéo. « Mais c’est du sport ça ?! » vous demandez-vous peut-être. Voici toutes les réponses à vos interrogations ainsi que le minimum à connaître sur le sujet.

 

Cette discipline a vu le jour peu avant l’an 2000, puis s’est développée avec l’essor d’internet et des jeux multijoueurs en ligne, d’abord en Asie et aux Etats-Unis puis en Europe surtout à partir de 2010 (on a toujours un cran en retard !).  Les pro gamers sont de plus en plus reconnus : star adulées en Corée Du Sud, on reste vraiment bien en deçà en Suisse, où il n’est pas encore possible d’en vivre… Pourtant les jeux video sont partout dans la popculture et interessent énormément de monde. Preuve en est la finale des mondiaux de League of Legend qui a regroupé environ 60 millions de téléspectateurs en 2017, un record ! L’E-sport a encore de la marge, en comparaison avec le football qui en réunis 3 milliards environ. Bon je compare David à Goliath, sachant que c’est le sport le plus populaire et que la discipline électronique n’a que 20 ans. Avec cette croissance exponentielle, elle pourrait d’ailleurs bientôt faire partie des JO !  Plusieurs fédérations officielles permettent ce succès, notamment l’International E-sport Federation qui regroupe 47 nations en 2018 : grand absent pourtant la Grande Bretagne, plutôt active dans le milieu.

 

Il faut savoir qu’un peu plus d’une dizaine de jeux sont en compétition professionnelle, souvent grâce leur succès auprès du grand public, tant par les ventes que par les vues sur les sites de streaming (Twitch par exemple). À l’instar de RocketLeague sorti en 2015 et arrivé en tournoi la même année. Tous les genres y sont représentés : des jeux FPS comme CounterStrike, un vieux de la vieille sur la scène du E-sport, ou Overwatch, des jeux de sport comme FIFA, le jeu de carte Hearthstone, des jeux  MOBA dont LOL cité plus haut ou DOTA2, des jeux de stratégie, des jeux de rôles et même des jeux de combat … bref il y a le choix ! Il existe des tournois internationaux, des championnats nationaux du genre NBA pour les fans des USA ou des événement ponctuels. Les vainqueurs sont rémunérés parfois en millions, mais c’est comme au tennis : une poignée seulement réussit à gagner extrêmement bien leur vie, l’élite de l’élite, alors que le reste s’accroche pour les rattraper. Les sponsors sont alors les principales sources de revenu, à condition d’être doué : Red Bull, très actif dans les sports extrêmes, s’y est mis récemment, prouvant encore une fois que jouer à des jeux videos, enfin BIEN jouer à des jeux vidéos, c’est aussi considéré comme une performance !

 

Seul ou en équipe, sur console mais principalement sur ordinateur, l’E-sport se joue en ligne à distance ou tous dans une même salle lors de convention … les plus réticents se demandent : « je vois toujours pas en quoi rester assis devant un écran et appuyer sur les boutons d’une manette ou de la souris c’est du sport ?! ».
Premièrement, ça demande de la rigueur et beaucoup de pratique. Au même titre que les footballeurs dans le centre d’entraînement, le quotidien d’un pro gamer c’est une vie tournée autour du temps passé sur son jeu video qui determinera le niveau qu’on peut atteindre, au delà du talent. Certains se regroupent même en collocation afin de partager ce mode de vie et d’être encore plus sérieux. Il leur faut développer des capacités spécifiques et de sacrés réflexes … Répéter continuellement afin d’apprendre des maps par cœur, d’apprendre des enchaînements d’atouts, d’être le plus vif en tir, de devenir fin stratège pour avoir toujours quelques coup d’avance comme aux échecs … Deuxièmement, il y a la concentration. Un effort intense, comme au tir à l’arc ! Troisièment il y a la gestion de la pression lors de la compétition et la capacité à s’adapter à tout adversaire, analyser ses qualités et ses faiblesses, et réagir en fonction en étant inventif. Sans oublier qu’en équipe, il faut d’excellentes individualités complémentaires et il faut entraîner la cohésion et la communication de la team. Et enfin, l’endurance ! Dans les salles des tournois, on peut voir des joueurs dormir dans leur sac de couchage entre deux matchs, d’autres qui se shoot aux boissons énergisantes .. En tout cas, croyez nous, on l’a senti, ça transpire aussi beaucoup !

 

Après vous avoir éclairé sur cette discipline, on conclura en soulignant que le cliché du geek à lunette avec des boutons sur le visage, associal toujours dans sa chambre et un peu en surpoids … est enfin révolue ! Notamment grâce au E-sport, qui redore le blason du gaming, devenu à la mode d’une part et un métier d’autre part. Laissez donc vos enfant jouer … non poussez les ! En plus de développer certaines capacités, ils pourraient vous rapporter un peu d’argent plus tard qui sait.

 

On décortique l’E-sport dans le monde et en Suisse dans AfterGeek, alors pour plus d’infos techniques, c’est ici !

 

  - écrit par Nora -