Le phénomène Battle Royale

 

Genève, le 24 août 2018

 

« Les vingt-quatre tribus sont lâchées dans une immense arène naturelle… Ils s’affrontent jusqu’à la mort durant plusieurs semaines. Le dernier survivant sera déclaré vainqueur. » Véritable succès, la trilogie de Susanne Collins The Hunger Games a su émerveiller toute une génération d’ados et de jeunes adultes. Mais c’est surtout la base du concept Battle Royale de PlayerUnknown’s Battleground (PUBG). Quoi, tu ne connais pas encore ce mode de jeu ?! Mais qu’à cela ne tienne cher ami ! Cette semaine, l’équipe de Co-Star Gaming se penche sur ce phénomène et l’engouement des gamers du monde entier.

 

Les premières traces du genre sont apparues sur Minecraft sous formes de serveurs créés par la communauté. Ce qui a inspiré le travail de Brendan Greene, père des Battle Royale en jeu vidéo, on peut lui dire merci ! En 2012 il travaille sur le mod[1] de jeu DayZ (d’Arma II), qui compte plus d’un million de joueurs encore actifs. En 2016, il est contacté par les développeurs du survivol H1Z1 qui cherche à créer mod similaire mais avec des parties plus courtes et concentrées sur l’action. Le jeu reste en accès anticipé pendant deux ans sur PC exclusivement. Avant la sortie de sa version définitive sur PC et consoles tout récemment, il comptait encore 4 millions d’actifs ces derniers mois. Très loin du pic à 150 millions d’il y a un an, tu peux te demander comment on peut parler d’engouement ? Et je ne te répondrai que par quatre lettres : PUBG.

Retour en 2017 : les cadors sur le marché du jeu de tir, Call of Duty et Battlefield, n’ont pas fait que des heureux avec leurs derniers opus et les joueurs cherchent des alternatives. C’est pourquoi H1Z1 s’attire une belle fréquentation au début. À ce moment-là, Brendan Greene, parti de son côté pour améliorer d’avantage le mode Battle Royale, arrive avec PUBG, entièrement développé par ses soins cette fois-ci. Le jeu a un côté plus réaliste, rappelant Arma II pour les nostalgiques, et innove grâce à la personnalisation d’armes. « J'ai simplement conçu le jeu que je voulais avoir en tant que joueur ». Ainsi, il connait rapidement un âge d’or en raflant une bonne partie des joueurs de son concurrent, qui déçoit par une mise à jour ayant modifié le gameplay.

Pourtant, le conte de fée du créateur du genre s’écourte plus rapidement que prévu. En effet, Epic Games surfe sur la vague et lance fin 2017 un énorme succès en devenir : Fortnite. Disponible, lui, sur tous les supports (console, mobile, ordinateur), il atteint une moyenne de 40 millions de joueurs chaque mois depuis le début d’année 2018. C’est énorme ! Pour te donner un ordre d’idée, Call of Duty : Modern Warfare 3 s’est vendu à presque 31 millions de copies, étant pour l’instant le plus gros succès de la franchise.

 

Après ce bref historique, tu te demandes sûrement ce qu’est un Battle Royale, on y vient. Désarmé, le joueur est parachuté sur une immense carte où il sera confronté à un nombre d’adversaires plus ou moins important. Mais attention, tu ne peux pas foncer dans le tas comme dans COD. Non, ici pas de baguette magique ou de « Bibbidi-bobbidi-boo » qui te font revenir à la vie. Tu meurs une fois … GAME OVER. Cela nécessite donc d’être fin stratège. Dans un premier temps, il faut chercher des armes et des ressources (munitions, soins, matériaux pour créer des abris...) qui te permettront de mettre en place une bonne tactique afin d’éliminer tes adversaires en temps voulu. Brendan Greene le dit : « Dans ce mode, c’est la notion de liberté qui séduit autant les joueurs ». N’oublie pas que les parties ne durent pas plus de 25 minutes, reste donc dynamique ! De plus, l’instinct de survie amène une certaine adrénaline : il faut être vigilant sur le champ de bataille, chaque bruit est suspect… À la guerre comme à la guerre, tout le monde veut terminer le dernier debout !

Maintenant que nous avons titillé ta curiosité, il ne manque plus qu’à trouver LE jeu qui te plaira. Voici une brève comparaison entre les deux meilleurs pour t’aider. Bien différents l’un de l’autre, Fortnite est plus cartoonesque et mise sur un côté très décalé (déguisement farfelus, piñata en forme de Lama à la place du classique coffre de pirate, danses originales, etc.). La map est moins grande car on se déplace à pied, alors que sur PUBG il y a de multiples moyens de locomotion ainsi qu’une plus grande panoplie d’armes. Les deux se jouent sur mobile mais en ce qui concerne les autres plateformes, celui de Greene est limité à Microsoft (PC et Xbox One). Le jeu d’Epic Games toujours gratuit sur tous supports mise plutôt sur les packs additionnels payants. Finalement, pas besoin de choisir … Sens toi libre de jouer aux deux pour plus de plaisir !

 

Les Battle Royale sont donc en pleine expansion. Après le record en juillet dernier de Fortnite et ses 150 millions d’adeptes, c’est au tour du e-Sport de voir naître ces derniers mois des compétitions à grande échelle. Il n’en fallait pas plus pour que les grosses franchises comme Battlefield, GTA ou COD sortent ce mode de jeu dans leurs opus 2018, « Il est inutile de se battre pour une idée, lorsqu’elle est bonne elle fait son chemin toute seule… » (Roger Fournier 1968). On se pose quand même la question s’il ne serait pas plus judicieux de préserver la diversité et l’authenticité de chacune. Dans tous les cas, on est conquis par ce mode qui vaut de l’or et tant mieux car il fera partie du quotidien des gamers pour les années à venir.

 

  - écrit par Lucho -

 

 

 

 

 

* : Extension, modification d’un jeu (souvent développée par sa communauté)