Être geek à trente ans

 

Genève, le 31 août 2018

 

Toute l’équipe se rapproche fatalement de la trentaine … non joyeusement plutôt ! Et être un geek assumé à cet âge est rarement compris : « c’est un truc de gamin », disent la plupart des gens empreints de préjugés. Voici comment nous le vivons, en quoi nous avons mûri comparé à notre jeunesse de gamer et comment nous gérons notre emploi du temps.

 

Le rapport au gaming évolue évidemment l’âge. La question de limite PEGI ou d’argent de poche ne se pose plus. Fini d'argumenter auprès des parents pour gagner 15 petites minutes de jeu un soir de semaine, le temps de rendre des comptes est enfin révolu ... ou presque pour ceux qui vivent en ménage ou ont des enfants.

Au delà de cette liberté tant attendue, ce qui change vraiment c’est le fait de devenir ultra sélectif. Les responsabilités et l’emploi du temps plus chargé obligent ! Mais c'est aussi par choix : à 30 ans on se connaît et il n'est plus question de céder à la pression sociale en achetant toute sorte de jeux "bof" pour faire comme les autres. On affirme ses préférences quitte à jouer plus souvent seul. Ainsi on s’informe d’avantage en cherchant teasers, critiques, avis, etc. Tous les membres de l'équipe se rejoignent sur ce point et ont tendance à se limiter à environ 5 jeux : deux appréciés de tous pour les soirées en réseau (en ce moment Dead by Daylight pour la rigolade et Tom Clancy's Rainbow 6 Siège plus sérieusement), son préféré en solo (Overwatch pour Granlama ou Total War pour Barbossa), une nouveauté qui envoie du lourd (par exemple Red Dead Redemption 2 ou Assassin’s Creed à venir) et une grosse franchise pour rester dans sa zone de confort sans prise de tête (FIFA pour Lucho et COD pour Lucas).

 

Le plus compliqué c'est de trouver un moment pour allumer sa console ou son ordinateur. Jeune, on a parfois l’impression d’être submergé par les devoirs ou les révisions mais avec un peu de recul, voire de nostalgie, on s'aperçoit de sa grande disponibilité. En meilleure forme surtout, nous enchaînions les nuits blanches à geeker, les activités sportives comme le foot, les sorties en boîte de nuit et les cours sans soucis. Le corps vieillit et passé la vingtaine (non, ce n’est pas une légende) récupérer s'avère plus difficile. On doit faire des compromis en fonction de son propre ordre de priorités pour allier les amis, la famille, pour certains la vie en ménage, les activités (idéalement du sport afin s’entretenir, même s’il y a du laisser-aller dans l’équipe!), le boulot et les jeux vidéo. Rien que ça !

À 30 ans on geek donc moins longtemps mais plus intensément. Par exemple, nous nous restreignons en moyenne à une heure quotidienne en semaine, en fonction des apéros entre collègues ou des repas en amoureux. Nous attendons impatiemment le week-end pour la récompense des 4 ou 5 heures d’affilée. Il faut juste jongler entre activités de journée et du soir. Souvent, nous nous donnons rendez-vous via notre groupe WhatsApp, dédié au session gaming, en deuxième partie de soirée le vendredi ou samedi, à condition de pouvoir faire la grâce mat’ le lendemain. Petit conseil, on n'hésite pas à réserver son jour de congé si le manque se fait trop grand, y compris pendant la saison des grillades ! En couple, il faut se synchroniser avec l’emploi du temps de son partenaire en jouant pendant ses activités hors de la maison ou même quand il/elle regarde son émission favorite, prend son bain, lit un bouquin, etc. Lucas s’est aménagé une pièce geek afin de libérer la télé du salon pour mon confort personnel ... dédicace à mes oreilles qui ne l’entendent plus hurler quand il perd. Même s'il est nécessaire de garder un espace pour soi quand on vit à deux, il ne faut pas le/la tenir à l'écart pour autant. Que cette passion soit comprise ou pas au premier abord, partager la avec votre entourage ! Je me suis notamment beaucoup amusée à tester certains jeux dont RocketLeague (ma partie ici) et j'ai même crocher devant Farcry 3 et Until Down comme un film !

 

Ainsi, à l'âge adulte il est surtout question de trouver un doux équilibre entre vie sociale, travail et passion du jeu vidéo. Tout en s'affirmant pour que les mentalités évoluent. En effet, l’image du geek ado reclus dans sa chambre sans amis, voire dépressif, change doucement mais sûrement. Contrairement à la génération précédente qui n'avait que les jeux d'arcade, les jeunes des années fin 80s et 90s ont grandi avec des consoles dédiées à l'époque aux enfants (Gameboy, Nintendo 64) et l'amélioration de cette technologie. Aujourd'hui, la plupart des créations ciblent un public adulte et on peut même en faire son métier ! Sans se mentir, tout le monde est geek d’une manière ou d’une autre avec son smartphone ou sa tablette. Alors à présent on ne veut plus entendre « lâche ta manette c’est pour les gosses » ou « grandis un peu pour qu'on te prenne au sérieux » !

  - écrit par Nora -

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